L'aventure pétrolière du Gabon commence dans les années 1930. Il faut toutefois attendre 1956 pour que les gisements d'Ozouri et Pointe-Clairette donnent leurs premiers barils d'or noir. Le gisement de Gamba, mis en exploitation en 1963, place déjà le Gabon parmi les pays pétroliers. Mais, la confirmation arrive véritablement, dix ans plus tard, avec le gisement de Grondin. En portant la production nationale gabonaise à plus de 10 millions de tonnes, ce gisement vient changer totalement le destin de ce pays qui tirait jusque-là le gros de ses rentes de l'économie forestière. En un an, le PIB du Gabon s'accroît de 150%.
Depuis lors, le Gabon a vécu plusieurs menaces d'épuisement de ses ressources pétrolières. Et, à chaque fois, une nouvelle découverte est venue reporter l'échéance. C'est ainsi qu'à la fin des années 1980, Rabi Kounga, fait grimper la production pétrolière à des niveaux inconnus jusque-là, entre 18 et 20 millions de tonnes par an.
Les rentes pétrolières sont si confortables au milieu des années 1970 que le Gabon crée, avec les compagnies pétrolières exploitant son or noir, notamment Elf-Gabon, une Provision pour Investissement Diversifiés (PID) qui permet de réinvestir les flux financiers générés par le pétrole dans des projets de développement. C'est ainsi que naissent, entre autres, Agripog (agriculture vivrière), Agrogabon (industrie d'huile de palme et savonnerie), etc.
Dix ans après la découverte majeure de Rabi Kounga et paradoxalement après l'année la plus prospère de l'histoire du pétrole gabonais (1997 avec 18,45 millions de tonnes), la menace d'un épuisement du pétrole se fait plus pressante : une baisse régulière de 5% par an s'enclenche. 17,5 de tonnes en 1998, 15 millions de tonnes en 1999,
13,7 millions de tonnes en 2000, 12,5 millions de tonnes en 2002. En 2003, la production connaît une légère hausse avec 13,4 millions de tonnes et se stabilisera à ce niveau jusqu’en 2005. L’année 2007 est marquée par le plus bas niveau atteint : 11 millions de tonnes. Le niveau remonte légèrement par la suite : 12,6 millions de tonnes de pétrole sont produits en 2009.
Le bon niveau des cours du brut et du Dollar a conduit à une exploitation plus poussée des
champs en production, y compris de champs marginaux jusque-là peu rentables. Cette relative stabilisation de la production est due à l'amélioration des procédés de récupération sur les champs existants mais aussi à un surcroît d'activité en général. Ainsi, en décembre 2009, la société Maurel&Prom a découvert un nouveau puit près de Lambaréné, après l’ouverture de 11 premiers puits sur le Champ d’Onal en mars 2009.
Ressource très fructueuse et stratégique, le pétrole ne saurait être abandonné au Gabon. Les espoirs se tournent désormais vers l’exploitation en offshore profond : le 10ème appel d’offre international pour 40 blocs pétroliers en offshore profond et très profond sera lancé le 27 octobre 2010 par le ministère des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures.
La diversification du partenariat (Afrique du Sud, Brésil, Canada, Chine) entretient également l'espoir d'une découverte de bonne envergure.
L’exploitation de gaz, quant à elle, est restée marginale jusqu’en 2004, où elle a pris un peu plus d’importance. Cette année-là, deux permis pour la mise en valeur des ressources gazières ont été attribués par le ministère des mines et du Pétrole : il s’agissait des tous premiers contrats concernant exclusivement le gaz naturel signés au Gabon.
Depuis, l’activité s’est beaucoup intensifiée. En juin 2009 avait lieu à Libreville un séminaire international sur les perspectives du gaz naturel en Afrique. Les projets gaziers se sont multipliés : la société russe Gazprom souhaite s’investir dans l’exploitation du gaz gabonais et Shell Gabon prévoit de lancer sa production de gaz naturel prochainement. La SEEG a également signé un contrat d’achat / vente de gaz naturel auprès de la société Perenco, dans le but de marquer son indépendance énergétique tout en contribuant à préserver l’environnement.
En 2008, les réserves prouvées de gaz naturel au Gabon étaient de 32,59 milliards de mètres cubes.
Sources :
Banque Mondiale