Classement du parc de la Lopé au patrimoine mondial de l’Unesco
Classement du parc de la Lopé
au patrimoine mondial de l’Unesco


Le gouvernement gabonais a célébré au sein du parc national de la Lopé-Akanda, les 11 et 12 août derniers, son appartenance au classement du patrimoine mondial dans le domaine « écosystème et paysage culturel relique », par l’Unesco le 28 juin dernier.

Le parc est situé au centre du Gabon et s’étend sur 20 700 ha. Il fait partie des 13 parcs nationaux, qui ensemble, représentent 11,3 % du territoire. Ils ont été crées en 2002 à l’initiative du Président Omar Bongo Ondimba.

Cette nomination vient ainsi couronner les efforts du Président dans le domaine de la promotion et de la préservation de l’environnement qui compte parmi les objectifs visés dans son projet de société « Mon projet, des actes pour le Gabon ».

La Lopé est le parc le plus visité, en effet sa réputation internationale est due aux recherches qui y ont été effectuées depuis 20 ans sur les gorilles et les chimpanzés. Il abrite aussi les densités d’éléphants les plus élevés. De plus, il est l’un des sites archéologiques les plus anciens en Afrique, avec des pointes de flèches de l’Age de la Pierre, des gravures rupestres de l’Age du Fer et d’autres signes d’occupation humaine vieux de 400 000 ans. Il compte également près de 399 espèces d’oiseaux, ce qui en fait l’un des sites les plus visités au Gabon par les ornithologues.

Novacom Associés – Fin juillet 2007

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Description faite par l’Unesco

Le bien présente une interface inhabituelle entre une forêt tropicale ombrophile dense bien conservée et un milieu de savane relique abritant un large éventail d'habitats et d'espèces, parmi lesquels de grands mammifères en voie de disparition. Il illustre des processus écologiques et biologiques d'adaptation des espèces et des habitats aux changements climatiques post-glaciaires. Le bien porte aussi la trace des passages successifs de différents peuples qui ont laissé de nombreux vestiges d'habitations relativement bien préservés au sommet des collines et à proximité de grottes et d'abris, ainsi que des signes de travail du fer et une collection d'environ 1 800 pétroglyphes (gravures sur pierre). Cet ensemble regroupant des sites datant du Néolithique et de l'Âge du fer et incluant des vestiges d'œuvres d'art rupestre est le reflet d'un axe migratoire majeur emprunté par les Bantous et par d'autres peuples originaires d'Afrique de l'Ouest qui longeaient la vallée de l'Ogooué pour se rendre vers le nord des forêts sempervirentes denses du Congo et vers le centre, l'est et le sud du continent africain. Ces flux migratoires ont façonné le développement de toute l'Afrique sub-saharienne. Il s'agit de la première inscription d'un site gabonais.

http://whc.unesco.org/fr/list/1147/


Texte de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle :

L’Écosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda représente une interface inhabituelle entre une forêt tropicale humide dense et bien conservée et des milieux de savane reliques. Un nombre beaucoup plus grand d'espèces menacées de grands mammifères trouve leur dernier refuge à Lopé-Okanda que dans toute autre zone comparable de forêts pluviales de la Province biogéographique des forêts ombrophiles du Congo.

Le bien préserve aussi des archives de l'évolution biologique, depuis 15 000 ans, de la zone de transition forêts pluviale-savane qui subsiste encore.

Critère (ix) : le bien proposé présente une interface inhabituelle entre des milieux de savane et de forêt, ainsi qu’un témoignage très important de processus d'évolution sous forme d'adaptation des espèces et des habitats à des changements climatiques post-glaciaires. La diversité des espèces et des habitats que l'on y trouve est le résultat de processus naturels ainsi que de l'interaction à long terme entre l'homme et la nature.

Critère (x) : la diversité des habitats et les relations complexes entre les écosystèmes de forêt et de savane ont donné une diversité biologique élevée, en particulier floristique, qui fait du bien l'une des zones les plus exceptionnelles du point de vue de la diversité et de la complexité de la flore dans la Province biogéographique des forêts ombrophiles du Congo. Plus de 1550 espèces de plantes ont été décrites, parmi lesquelles 40 n'avaient jamais encore été recensées au Gabon et l'on pense que, lorsque les recensements et les travaux de recherche sur la flore seront terminés, le nombre de plantes pourrait atteindre 3000.

Le bien est de taille suffisante pour maintenir la viabilité écologique à long terme des habitats et des écosystèmes. La conservation et la gestion du bien sont guidées par un plan d'aménagement couvrant la période 2006-2011 qui bénéficie de la coopération internationale et en particulier de l'appui de plusieurs ONG nationales et internationales.

La conservation et la gestion du bien bénéficient en outre de plusieurs initiatives de coopération transfrontière. Les problèmes de gestion clés sont, notamment, la nécessité de résoudre les conflits entre des intérêts concurrents, de sensibiliser la population locale à l'importance de la conservation de ce bien et de la faire participer à sa gestion. Il faut, en priorité, contrôler et réglementer le braconnage commercial et appliquer intégralement les règlements qui interdisent l'exploitation commerciale du bois dans le bien. Il faudra aussi obtenir des ressources financières, logistiques et humaines supplémentaires pour garantir une gestion efficace du bien et de sa zone tampon.

Source : l’Unesco

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